• Valerie Petit

POL FICTION: Mortelle saint valentin a l'Assemblée

Dernière mise à jour : 6 juil.


Ceci est une fiction, seuls les noms sont vrais tout le reste est faux !


En hommage à Denise Richards, paix à son talent, gloire à son âme










Une guerre des sexes qui tourne à la guerre des mondes

Ambiance de fin du monde à l’Assemblée nationale. Il est cinq heures trente, il neige et la place du Palais Bourbon est encore plongée dans une semi-obscurité quand une vision d’angoisse, digne d’une scène de Silent Hill s’offre aux regards écarquillés des badauds. Quelques députées hagardes, les visages barbouillés de sang, enveloppées dans des couvertures de survie sortent en titubant du 126, rue de l’Université, soutenues par des agents du RAID sous ce qui ressemble désormais à une pluie de cendres. Mais que s’est-il passé cette nuit du 14 février dans les couloirs de l’Assemblée nationale ? Difficile pour les médias présents d’obtenir des réponses : « C’est une guerre des sexes qui a tourné à la guerre des mondes » explique, le pour une fois sombre mais toujours poétique, Gilles Legendre, le Monsieur communication du groupe LREM. On peine à comprendre, mais la députée Laetitia Avia, qui fait partie des miraculées, le confirme en tremblant à notre confrère : un commando aurait fait irruption dans l’hémicycle aux alentours de 23 heures et obligé les députés à un jeu macabre sur le thème de la Saint-Valentin. « Je crois qu’il n’en reste plus un de vivant, plus un seul homme » murmure, les larmes aux yeux, la députée du Val de Marne. La sidération se peint sur le visage de notre collègue masculin de BFM dont le corps se tend soudain. Ce n’est que quelques heures après cette scène post-apocalyptique que des sources policières nous révèlent le déroulement des faits et la mortelle Saint-Valentin qui s’est jouée durant cette nuit de terreur parlementaire.


La République de la Vertu féministe


Il est 23h20 quand 18 terroristes (peut-être 19) font irruption dans l’hémicycle où 69 députés siègent pour une séance de nuit consacrée à l’eau et l’assainissement. Parmi eux, deux femmes, un homme et un chat (de sexe indéterminé) s’avancent. Ils sont entourés d’une dizaine d’assaillants armés de fusils kalachnikov et d’armes semi-automatiques de type M92, tous sont vêtus de noir, les visages dissimulés sous des masques d’inspiration vénitienne. Rapidement maitrisé, le Président de Rugy est emmené à l’écart. Un premier terroriste, une femme, monte à la tribune et annonce : « Nous sommes le commando féministe S.A.L.E.M : entendez notre projet pour une nouvelle loi de moralisation ou votre Président mourra !”


A ce moment-là, les députés croient encore à une blague de potache. « J’ai cru que c’était encore un coup des Républicains et franchement je me suis dit, pour une fois ils sont créatifs : ils nous jouent une pièce d’anticipation féministe, pour effrayer leur électorat conservateur, bravo ! » raconte la députée LREM Olivia Grégoire connue pour son humour rugueux et sortie indemne de cette sanglante Saint-Valentin. Il faut dire que ce 14 février est une journée particulière : après la publication du deuxième épisode du feuilleton érotico-tourquennois d’un certain Ministre, l’hémicycle bruisse de commentaires et d’interrogations existentiels sur les relations hommes-femmes. Entre sexagénaires républicains en perte de repères et trentenaires LREM refroidis dans leurs ardeurs libérales, le trouble règne. Alors quand une troupe déguisée surgit et prononce le mot féminisme les députés relâchent la pression. « On les a vu arriver en souriant, on n’était pas très nombreux et pas vraiment studieux, la distraction était bienvenue ! Mon collègue des Vosges a même tweeté la photo du chat à la Tribune » raconte la députée du Val d’Oise Zivka Park qui se souvient de son collègue à l’humour animalier et dont le corps repose désormais à la morgue de Gérardmer. Un sens de l’humour qui lui a sans doute couté la vie. Christophe Naegelen est le premier à être abattu à bout partant, dans l’hémicycle par le commando S.A.L.E.M. D’autres coups de feu sont tirés, des corps s’effondrent et le silence s’abat brutalement sur l’hémicycle. Les assaillants maitrisent les huissiers et bloquent les sorties. Dans un calme effrayant, plus aucun député ne bouge. Il est 23h30. La femme, visiblement le leader du groupe, et portant un tee-shirt à l’effigie de Caroline de Haas, débute alors un discours enflammé sur le « projet de loi de moralisation pour l’avènement d’une République de la Vertu féministe ».


A présent, vous allez voter !


Conclue à 0h15 le leader du commando à l’issue d’une diatribe de près de 45 minutes dénonçant pêle-mêle l’humour lourd, les mains baladeuses, le gouvernement corrompu par le vice, la cause animale et l’abolition de la peine de mort. Un discours qui s’achève par l’exposé programmatique d’une loi de moralisation de la vie publique entièrement revue (voir notre encadré). Mais ces longues minutes ont laissé aux députés le temps d’organiser la riposte : quelques minutes à peine après le début du discours, le député du Finistère Hervé Berville crée une boucle Telegram intitulée « projet Valentin : répondre sur le fond et aussi trouver un moyen de s’échapper sans mourir ». Rapidement un responsable de texte est désigné : Sylvain Maillard, connu pour avoir survécu à la Maire de Paris, est chargé de répondre sur le fond au leader des S.A.LE.M. A 0h18, le Député du 1er arrondissement de Paris, se lève et prend la parole. Il ne prononcera guère plus de trois mots avant d’être abattu froidement. « A ce moment-là, il est apparu clairement que le commando n’était pas de droite, mais qu’il s’agissait au contraire d’un groupuscule radicalisé dont on pouvait craindre à la fois le gauchisme et le féminisme » raconte la députée de l’Essonne Amélie de Montchallin, qui siège juste derrière le député parisien et a évité les tirs de peu. Les députés passent alors à la seconde partie du plan : s’échapper. Mais encore novices en matière de tactique politique et en l’absence de leur Président de groupe, les députés LREM, peinent à trouver des solutions. Quelques constructifs tentent de s’échapper par les portes de derrière mais sont abattus à leur tour par la dizaine d’hommes armés positionnés dans les travées. Six autres députés LREM périssent en tentant de maitriser l’un des membres de cette garde armée. Le député FN Sébastien Chenu, assis à l’extrémité de l’hémicycle, tente de sauter par-dessus la balustrade, mais la hauteur de la chute se révèle fatale pour le petit député et la balle en pleine tête qu’ajoute l’un des terroristes met fin à sa tentative hasardeuse. Un sacrifice qui n’est cependant pas vain, profitant de la diversion, 3 députés de la nouvelle gauche et 5 députés LREM (probablement des anciens PS) parviennent à quitter l’hémicycle en rampant vers les bancs de la France insoumise qui semblent avoir négocié, via la CGT, l’évacuation de ses troupes en échange de la désignation sine die de la Députée Clémentine Autain à la Présidence de leur groupe. Ils rejoignent en ordre dispersé les toilettes de l’Assemblée où ils se barricadent. Ce sont eux qui préviendront la police.


Morts de rire à la buvette


« Puisque vous ne voulez pas voter, nous allons jouer et puisque vous voulez la guerre des sexes vous allez l’avoir ! » menace la leader des S.A.L.E.M. Dans l’hémicycle, la tension atteint son paroxysme. Les 25 députés encore vivants, 19 femmes et 6 hommes, sont brutalement sommés de se regrouper en deux groupes, selon leur sexe. Les terroristes les conduisent alors à travers la salle des séances dans une atmosphère d’angoisse laissant derrière eux les corps sans vie de 29 députés, tous des hommes. Le Député de la Nouvelle Gauche Régis Juanico tente alors de fuir la funeste escorte mais il est aussitôt abattu, non sans avoir lancé dans un dernier cri : « Nous refusons le nouvel ordre moral, continuons de jouir sans entrave !» qui résonne dans un Palais Bourbon indifférent à cet hommage rendu au joli mois de mai.


Emmenés à l’intérieur de la buvette de l’Assemblée, les rescapés y découvrent une mise en scène macabre : les tables sont disposées en U et au milieu, assis, ligotés et bâillonnés, les ministres de la transition écologique et de l’action et des comptes publics, les yeux agrandis par l’effroi. Derrière eux, sur le mur une banderole déployée indique « Grand concours de blagues » et suggère le thème de cette soirée de Saint-Valentin morbide. « Je me suis dit que nous étions dans Mortelle Saint-Valentin ou dans Saw, j’ai eu peur qu’ils nous demandent de torturer les Ministres ou un truc comme ça, ce qui est complètement contraire à l’esprit des institutions de la Vème République » raconte Yaël Braun-Pivet, la commissaire aux lois qui assiste abasourdie à la scène. Mais le scénario imaginé par les terroristes est plus pervers. Sous la menace des armes, les députés masculins sont sommés de se poster derrière les deux ministres et les femmes de prendre place à table dans une parodie de tribunal présidé par les deux meneurs du commando. « Le jeu est simple, annonce alors la leader du groupe, ces charmants Messieurs vont devoir nous raconter leurs dernières blagues et nous déciderons si celles-ci sont réellement à mourir de rire ». « C’est une blague ?! » s’exclame alors Eric Bothorel. Un son mat résonne alors dans la salle, puis la voix détachée de la leader du commando : « absolument, mais vous n’êtes pas drôle Monsieur le Député, désolée », suivi du bruit d’un corps qui s’effondre au sol, dans une mare de sang. Se tournant vers les femmes assises autour de la table la leader poursuit : « Mesdames, vos collègues ont visiblement besoin d’inspiration, je vais donc demander à chacune d’entre vous de nous partager la dernière blague masculine qu’elle a eu à subir ».

Se déroule alors un interminable tour de table nous narre la Député Laetitia Avia : « la parole s’est libérée brutalement, peut-être l’effet de l’adrénaline, un véritable inventaire à la Prévert du paternalisme lubrique ». Tout y passe, des remarques infantilisantes sur l’âge ou la fraîcheur des députées aux mains et pieds baladeurs, en passant par les promesses de gratifications moyennant dédommagement en nature. Les députées, saisies par le syndrome de Stockholm, basculent et balancent. Au centre, leurs homologues comprennent que le pouvoir à définitivement changé de mains et que celles-ci ne tremblent pas. « Je l’ai vu dans leurs yeux, ils savaient qu’ils étaient devenus des proies, tels des lapins les yeux pris dans les phares » poursuit la Députée du Val de Marne. S’en suit un jeu de la mort sanglant : à chaque blague sexiste balancée, un député tombe, frappé d’une balle en pleines c., jusqu’au dernier. Vient ensuite le tour des Ministres : le premier à succomber est le Ministre de la transition écologique. Les hommes du commando traînent alors son corps dans le jardin à l’arrière de la salle.

Il est 2h13, quand arrive le tour du Ministre de l’Action et des comptes publics, les lumières s’éteignent alors brutalement et les hommes du RAID pénètrent avec fracas dans la buvette. S’ensuit un moment de chaos : 13 des 18 membres du commando sont finalement abattus durant le premier assaut, les 5 autres seront interceptés en tentant de fuir par les cuisines. Parmi eux la leader du groupe qui, une fois démasquée, se révèle être l’égérie qui orne son propre tee-shirt. Les 12 députées féminines sont alors évacuées rapidement d’une scène que les observateurs décriront plus tard comme une scène de carnage qui dépasse l’entendement.


Le bilan est lourd.


Au total, 44 députés ont péri, 29 dans l’hémicycle, 6 à la buvette, mais également le Président de l’Assemblée, un Ministre et les 8 élus retranchés dans les toilettes que les membres commando ont finalement retrouvés. Tous sont des hommes. Le corps sans vie du Ministre de la transition écologique sera retrouvé quelques heures plus tard dans le potager bio aménagé à l’arrière de la buvette de l’Assemblée. Celui du ministre de l’Action et des comptes publics en revanche reste introuvable. Certains affirment qu’il aurait négocié avec les terroristes et accepté, en échange de la vie sauve, la mise en place de l’individualisation de l’impôt sur le revenu, une revendication fiscale féministe promise par le candidat Macron puis enterrée par Bercy. D’autres sources, non confirmées, affirment que le jeune Ministre aurait payé de sa personne.


Huit heures après la fin de l’assaut, beaucoup de questions restent encore sans réponse : qu’est devenu le chat des terroristes ? La proposition de loi sur la moralisation sera-t-elle reprise par l’opposition ? Faut-il instituer une date de commémoration nationale pour la disparition de l’humour ? Le Président de la République devrait prendre la parole ce soir, pour réaffirmer l’égalité hommes-femmes grande cause du Quinquennat mais au prix de la restauration de l’Etat d’urgence pour faire face à la menace désormais avérée de guerre des sexes.


Nous nous sommes procuré le détail des « mesures » proposées par le commando pour une nouvelle loi de moralisation de la vie publique :


• Gonflement (sic) du budget du Secrétariat d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes rebaptisé à l’occasion Secrétariat à l’Egalité de la Femme,

• Instauration de l’écriture inclusive et réécriture complète de la Constitution puis des classiques de la littérature française,

• Création d’un code de l’humour : à l’instar du code de la route, le commando propose de créer un code de l’humour afin de réguler les comportements à risque et de réduire le nombre de mortes par blagues douteuses. Tout homme politique, élu ou aspirant à l’être, et ayant atteint la majorité sexuelle sera ainsi tenu de passer son code de l’humour (3 essais maximum) dans un centre agrée par le Ministère de la Santé. A défaut de quoi, il ne sera pas autorisé à pénétrer (sic) dans les lieux dits de « rencontre fortuite ou programmée » : bâtiments publics, restaurants, discothèques, bars, supermarchés, toilettes publiques, hôtels, voie publique, lieu de travail, espaces aérien et maritime. Un permis de blaguer et 5 points lui seront octroyés pour une durée de 10 ans. Une visite de contrôle est prévue tous les 10 ans.

• Durcissement (sic) des sanctions à l’endroit des auteurs de propos sexistes ou « grivois ». Par ailleurs, le sourire en coin (gauche et droit), le clin d’œil (gauche et droit), l’emploi de verbes explicites (plaire, aimer, apprécier) faisant référence à un plaisir quelconque, immédiat ou différé, même tempéré (je t’aime bien, tu commences à me plaire) sont désormais prohibés. Les remarques sur la couleur du vêtement (vaut aussi pour le noir et le blanc), l’élégance de la tenue ou encore la fraicheur, la jeunesse ou tout autre compliment marquant le caractère asymétrique de la relation entre l’auteur et la victime désignée, seront également passibles d’un retrait de 15 points et d’une obligation, pour les cas les plus lourds (sic) de repasser le permis de blaguer. Le fait que le compliment soit justifié en raison de démonstration esthétique objective ne pourra être invoqué par l’auteur. De même les motifs de nécessité professionnelle ou d’un quelconque besoin humain d’établir des connexions avec son prochain ne sauraient prévaloir.

• Création d’une amende de 100 000 euros pour l’auteur d’un SMS comportant des mots faisant référence aux organes sexuels féminins, de façon directe ou indirecte (évocation de noms d’animaux, de légumes), verbale ou illustrée (émoticons, photographie, dessins), en français, dans une quelconque langue (sic) étrangère, en langage des signes ou en morse. L’absence de synonyme ou de traduction ne pouvant être invoquée comme raison valable.

• Pénalisation de toutes les formes de toucher et autre effleurement dans les interactions hommes-femmes (embrassade de toute nature, toucher de l’épaule, du sommet de la tête, du bout du nez, de l’avant-bras, du haut du dos et a fortiori du bas du dos, de la poitrine et des pieds). Le caractère accidentel ne pourra être invoqué que dans deux cas : la chute sur une chaussée glissante et l’évitement de la porte battante des toilettes.

• Instauration de tickets de rationnement sexuel pour l’ensemble des élus, locaux et nationaux, et les membres du gouvernement. Ceux-ci feront l’objet de quotas par commission et par ministère et seront votés chaque année à l’occasion du débat budgétaire. Dans un contexte de rigueur sexuelle et budgétaire (sic, sic), le commando a insisté sur la vertu attendue de la part des représentants de la Nation.

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