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Nuages arc-en-ciel
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Bienvenue sur mon blog,
J'y partage mes tribunes, discours, interventions et quelques récits de vie personnels où il est souvent question de Liberté et de pouvoir ! 

Dernière mise à jour : 5 juil. 2022


"Car oui, en 2020, en France, il nous faut encore rappeler que même lorsqu’une femme est allongée sur une table de travail et pose ses pieds dans les étriers, elle reste et demeure un être doué de sensibilité et de raison, un individu libre et égal en droit"




Parler du sexe des femmes est tabou, parler de ce qu'est réellement un accouchement est tout aussi tabou (c'est sauvage, c'est dur, il y a du sang, des cris, des larmes et souvent le sentiment de ne plus être maitresse de son corps) mais parce qu'il ne faut pas gâcher la fête de la naissance, - beaucoup de femmes se taisent sur ce qu'elles vivent .

Quand les tabous font obstacle aux droits et aux libertés, il faut libérer la parole.

c'est le sens de la Proposition de résolution que j'ai déposée à l'Assemblée pour lutter contre les violences obstétricales et gynécologiques Je poursuis ainsi mon combat sur le respect des droits et des libertés les plus fondamentales pour ne pas dire intimes.


le lien vers la résolution : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3305_proposition-resolution


Texte de la résolution


Mesdames, Messieurs,

Il y a cinquante ans, naissait le mouvement de libération des femmes dont l’une des premières revendications fut le droit des femmes à disposer librement de leurs corps. Un demi‑siècle plus tard, ce droit et surtout cette liberté ne sont toujours pas effectifs dans l’un des domaines les plus intimes et sensibles qui soit de la vie des femmes et des familles : la santé gynécologique et l’accouchement.


Chaque année, près de 750 000 françaises donnent naissance tandis qu’on estime à 50 le nombre de consultations gynécologiques et obstétricales au cours de la vie d’une femme (frottis réguliers, renouvellement de contraception, interruptions volontaires de grossesses, consultations pré et post accouchements…).


Parce qu’il est culturellement présenté, et bien souvent pratiqué comme un « contrôle technique », le suivi gynécologique ne fait guère de place à l’empathie, à la prise en compte de la douleur morale et physique des femmes et à leur consentement éclairé s’agissant d’actes aussi invasifs et possiblement douloureux qu’un toucher vaginal ou une palpation mammaire.

Et parce qu’il « serait malvenu » de ternir le bonheur de la naissance par le récit de propos sexistes ou d’actes chirurgicaux non expliqués voire imposés sans un consentement explicite et/ou éclairé des femmes (et de son conjoint/ sa conjointe) alors celles‑ci se taisent.


Mais depuis quelques années, la parole des femmes se libère et les chiffres tombent, implacables : la pratique de l’épisiotomie est archétypique de cette évolution, où la France, est aujourd’hui très en retard et très loin de l’exemplarité. L’épisiotomie est un acte chirurgical consistant à inciser le périnée au moment de l’accouchement afin de laisser passer l’enfant. Très discutée depuis que ses bénéfices supposés ont été remis en cause par les études médicales récentes, l’épisiotomie est un acte qui peut se révéler très douloureux lors de sa réalisation et qui n’est pas sans conséquence sur la santé des femmes : douleurs cicatricielles, risque d’infection, d’incontinence et plus largement atteinte porté au périnée qui joue un rôle clé dans la santé gynécologique et la vie sexuelle et reproductive des femmes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonçant les traitements non respectueux et abusifs dont peuvent être victimes les femmes lors de leur accouchement a conclu que l’épisiotomie devrait tendre vers un taux maximum de 10 %. Aujourd’hui, en France, elle est réalisée pendant un accouchement sur cinq et sur près de 35 % des primipares. À titre de comparaison, le taux d’épisiotomie en Suède s’élève à 6,6 % et au Danemark à 4,9 %. Toujours en France, une femme sur deux ayant subi une épisiotomie déplore un manque ou l’absence totale d’explication sur le motif de l’épisiotomie. Douloureuse, non justifiée, non expliquée, souvent subie, réalisée souvent sans impliquer le/la conjoint.e ou la personne associée au projet parental et avec des conséquences pour la santé des femmes, l’épisiotomie illustre le chemin à accomplir pour que les femmes, lors de leur suivi gynécologique ou de leur accouchement, soient pleinement des sujets de droits et de libertés et non des objets que l’on « traite » sans considération de leur sensibilité et de leur intelligence.


Ces dernières années, et en dépit des tabous, la parole des femmes mais aussi des professionnels de santé s’est faite entendre :


En 2014, le hashtag #PayeTonUtérus lancé sur Twitter en novembre a permis de collecter près de 7 000 témoignages de femmes sur les actes sexistes qui peuvent se produire dans le cadre du suivi gynécologique et obstétrical des femmes. Dénonçant par exemple des propos porteurs d’injonctions sur leur physique ou leur volonté ou non d’avoir un enfant, des examens vaginaux brutaux ou pratiqués sans leur consentement, jusqu’à des violences sexuelles.


En 2015, la publication de documents de la Faculté de médecine de l’Université Lyon‑Sud révélant comme attendu, dans le cadre de leur formation, que les étudiants pratiquent des touchers vaginaux sur des patientes « endormies », donc sans leur consentement ont contribué à libérer la parole. Depuis, des lanceurs d’alertes ont relayé des témoignages de nombreuses maltraitances, propos sexistes et de violences, recouverts par le terme de « violences gynécologiques et obstétricales », un terme mobilisé depuis près d’une vingtaine d’années dans le monde anglo‑saxon et en Amérique latine où plusieurs pays l’ont inscrit dans la loi. C’est le cas notamment au Venezuela qui interdit dès 2008 les violences obstétricales et gynécologiques de la manière suivante : « L’appropriation du corps et des processus reproductifs des femmes par le personnel de santé, qui se manifeste par : un traitement déshumanisant, un abus de médication et une pathologisation de processus naturels, entraînant une perte d’autonomie et de capacité de décision libre sur son corps et sa sexualité, affectant négativement la qualité de vie des femmes ». De la même façon, au Mexique, dans l’État du Chiapas, le code pénal prévoit désormais deux à trois années de prison ainsi qu’une amende pour toute personne qui « altère le processus naturel à travers l’utilisation de techniques d’accélération (de l’accouchement), sans obtenir le consentement volontaire, explicite et éclairé de la femme ».


En 2019, la réalisatrice Française Ovidie a donné la parole aux femmes et aux professionnels de santé dans un documentaire remarqué intitulé : « Tu enfanteras dans la douleur », révélant la réalité des violences obstétricales mais aussi l’engagement de certains professionnels, notamment les sages‑femmes, en faveur d’une plus grande considération et empathie à l’endroit des femmes, clé de la lutte contre les violences. Car il ne s’agit pas tant de mettre en accusation tels ou tels acteurs ou actes : il s’agit de réaliser un changement culturel d’attitude d’une partie du corps médical à l’endroit des femmes. Car oui, en 2020, en France, il nous faut encore rappeler que même lorsqu’une femme est allongée sur une table de travail et pose ses pieds dans les étriers, elle reste et demeure un être doué de sensibilité et de raison, un individu libre et égal en droit.


Du côté des pouvoirs publics, la prise de conscience progresse cependant :


En 2017, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre 2017, le Président de la République a déclaré l’égalité entre les femmes et les hommes grande cause du quinquennat. Celle-ci s’est matérialisée par des engagements forts pris par le Gouvernement pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes dont relèvent les violences obstétricales et gynécologiques.


En 2018, à la demande de la Secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a remis un rapport sévère mais porteur de solutions pour lutter contre les violences gynécologiques et obstétricales. Les violences gynécologiques et obstétricales y sont définies comme « les actes sexistes les plus graves qui peuvent se produire dans le cadre du suivi gynécologique et obstétrical des femmes » et le HCE ([1]) d’appeler à une prise de conscience des pouvoirs publics pour reconnaitre ces actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical, les prévenir, faciliter les procédures de signalements et condamner les pratiques sanctionnées par la loi.


Le HCE identifie 6 types d’actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical, dont certains relèvent des violences :

– la non prise en compte de la gêne de la patiente, liée au caractère intime de la consultation ;

– les propos porteurs de jugements sur la sexualité, la tenue, le poids, la volonté ou non d’avoir un enfant, qui renvoient à des injonctions sexistes ;

– les injures sexistes ;

– les actes (intervention médicale, prescription, etc.) exercés sans recueillir le consentement ou sans respecter le choix ou la parole de la patiente ;

– les actes ou refus d’acte non justifiés médicalement ;

– les violences sexuelles : harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.


À l’issue d’une patiente enquête, le HCE a formulé 26 recommandations allant de la nécessité de reconnaître l’existence et l’ampleur des violences gynécologiques et obstétricales, en passant par le devoir de rendre explicite cet interdit ou encore l’amélioration de la prévention des professionnels et la facilitation des procédures de signalement. La qualité de ce rapport a été salué par le Conseil national de l’Ordre des Sages‑femmes, qui avait déjà estimé que ce rapport apparaissait « comme une nécessité », considérant que cette problématique était « directement liée à la place accordée aux patientes, au temps qui leur est prodigué et à la qualité du dialogue entre celles‑ci et les soignants ». Par ailleurs, dès juillet 2017, le CNOSF avait estimé « que les violences obstétricales devaient faire l’objet d’une étude et que le ressenti des femmes ne devait en aucun être nié ou minimisé ».


Il est temps désormais d’agir : les violences obstétricales et gynécologiques sont une forme de sexisme resté trop longtemps tue et sous‑estimé parce que taboue. Dans l’intimité d’une consultation ou d’un accouchement, des femmes sont pourtant victimes de pratiques violentes ou pouvant être perçues comme l’étant. Il s’agit d’actes non appropriés ou non consentis, tels que des césariennes, des épisiotomies et des touchers vaginaux non consentis, l’utilisation de l’expression abdominale ou la non-utilisation de l’anesthésie pour des interventions douloureuses, et l’introduction d’un spéculum sans en informer la patiente ou la palpation des seins sans son accord au moment de lui expliquer l’allaitement. Lors de l’accouchement, il peut s’agir d’une infantilisation de la patiente, d’une volonté de lui imposer une position, une surmédicalisation ou encore la culpabilisation de ne pas vouloir avoir un accouchement standardisé. Ces actes et ces attitudes peuvent avoir de graves conséquences y compris psychologiques sur l’état de santé des femmes et qui peuvent se répercuter sur le bien‑être des nouveau-nés : dépression post‑partum, syndrome de stress post‑traumatique, dégradation des relations mère enfant dans les mois suivant la naissance, difficultés à reprendre une vie sexuelle normale. Au‑delà de la périnatalité, le suivi gynécologique des femmes tout au long de leur vie peut parfois être vécu comme une intrusion, voire une violation de leur intimité ou perçu comme inadapté par rapport à leur besoin.


L’objectif de cette proposition de résolution n’est pas de dénoncer ou de jeter l’opprobre sur tel ou tel, mais de s’appuyer sur la prise de conscience actuelle pour faire évoluer positivement et rapidement l’attitude et la pratique médicales ; En prenant en compte les difficultés objectives que rencontrent au quotidien des médecins, des sages‑femmes et du personnel soignant mais en s’engageant, collectivement, à lutter efficacement contre les violences gynécologiques et obstétricales qui portent atteinte à l’intégrité et la santé physique et morale des femmes, à la liberté de disposer de son corps et au droit de donner la vie dans le respect de soi, de sa sensibilité et de ses droits tout autant que ceux du ou de ses bébés, eux‑mêmes intimement liés au bien‑être de leur mère.


 
 
 

Dernière mise à jour : 5 juil. 2022


Tribune parue dans le Huffington Post le 12 janvier 2021 #Liberté #Etat #Covid #Decentralisation #Liberalisme

« Monsieur le Premier ministre, la liberté a été oubliée de la liste des principes Républicains ». Trois jours avant le dépôt du projet de loi dit « séparatismes », lors d’un échange entre Jean Castex et les députés du groupe Agir Ensemble, le texte qui nous a été transmis omet de mentionner le premier d’entre eux. Je le fais remarquer au premier ministre, qui écoute et entend : c’est sa qualité. Le texte final mentionnera la liberté en première position. Un tel oubli, signe de temps ou insoutenable légèreté ? Quelques jours plus tard, nouvelle alerte, avec le projet de loi visant à « pérenniser (le mot est terrible) les mesures d’urgences sanitaires ».


Mais sur quelle pente glisse donc le pays de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme, de la devise républicaine et de la Liberté guidant le Peuple ? Faudra-t-il bientôt ajouter au tableau clinique des démocraties frappées par la pandémie, la perte du goût de la liberté ? Il y a urgence pour la santé de notre démocratie et notre société libérales.

La pandémie révèle une autre maladie : l’hubris de l’Etat. Où sont passées nos libertés, celles qu’on regarde tomber ? La piste n’est pas difficile à remonter, c’est celle de l’hubris de l’Etat. « La liberté n'est là que lorsqu'il n'y a pas d'abus de pouvoir », disait Montesquieu. Sous la pression légitime des vies à sauver, l’Etat, encouragé par les « experts », a perdu le sens de la mesure, succombant à l’hubris, cette maladie du pouvoir, qui pousse à en abuser et nous expose à la Némésis, la justice destructrice. Il administre désormais notre quotidien jusque dans ses recoins les plus intimes, du repas de famille (pas plus de six) à la chambre à coucher (pas plus de deux) et nous engage assurément sur ce que Hayek appelait « la route de la servitude ».


Le premier symptôme de cet hubris est une bureaucratie prise de folie administrative. Avec la pandémie, le gout de l’administration pour l’autoproduction, l’auto-préservation et la démultiplication d’elle-même a atteint son apogée. « Une personne qui soigne pour dix qui la regardent faire …et lui demandent de remplir un tableau Excel » : il faut ne pas chercher ailleurs nos « problèmes de logistique ». Les ARS sont un exemple parmi d’autres d’une bureaucratie véritable recette de la paralysie : incapable de faire le dernier km pour livrer masque, test ou vaccin au citoyen, tout en le privant de la possibilité de le faire librement et en responsabilité. A l’inefficacité opérationnelle, il faut ajouter la charge mentale inouïe (que j’ai récemment proposé qu’on reconnaissance comme une souffrance) infligée par l’administration aux Français et qui n’est pas loin de susciter un burn out national : aux moyens d’attestations, de cases à cocher et de critères d’éligibilité, l’Etat forge les barreaux de notre « cage d’acier », nous privant de nos libertés mais aussi du sens et de la responsabilité de nos propres vies.

Le second symptôme est une démocratie exécutive ivre de centralisation. Appuyée sur le couple fusionnel gouvernement/préfet, la gestion de la crise a ouvert la boite de pandore de la centralisation : confinement, gestion des masques, des tests, des vaccins, nous commençons à peine à comprendre que la réponse à la crise passe par une gestion décentralisée et la confiance dans les pouvoirs et acteurs locaux. Mais si les élus locaux sont « repéchés », il n’est pas certain que ce soit le cas du Parlement. Depuis le début de la crise, celui-ci réalise la prophétie de Hayek à propos du planisme socialiste : le parlement n’est plus le lieu où l’on débat de l’orientation et de l’évaluation des choix politiques mais de la couleur des soudures sur la tuyauterie des plans successifs voulus par l’exécutif. Privée de débats contradictoires sur la fin et le sens de l’action politique et focalisée sur le détail des moyens, la vie démocratique ne peut qu’être irrémédiablement affaiblie. Ajoutons à ce tableau une dépense publique hors de contrôle : le "quoiqu'il en coûte" ne peut être un open bar de la dépense publique, ne serait-ce par respect des générations futures.

Passer du Libérer ou protéger au libérer pour protéger. Soyons clair, ce n’est pas le gouvernement qui pose problème, le mal est plus ancien et profond. En revanche, c’est bien l’exécutif qui a la responsabilité de reprendre le contrôle de la machine devenue folle. Pourquoi distinguer, pour les opposer, le libérer et le protéger ? En réalité, il faut libérer pour protéger : car c’est aussi en leur donnant de la liberté, de l’autonomie et de la responsabilité que l’on permet aux Français de faire face. Que l’Etat-maman s’imagine en capacité de protéger 67 millions « d’enfants » une folie à la fois irréalisable et dangereuse. Son fantasme de puissance prive les citoyens du pouvoir d’agir en responsabilité. Or il faut que chacun ait la capacité de faire pour sortir de la crise.

Il est devenu urgent que les libéraux de ce pays, ceux qui aiment les libertés, toutes les libertés, se réveillent, en particulier ceux de la majorité présidentielle. Car pris entre l’anathème, récurrente et stupide, jeté sur le libéralisme et les accusations d’illibéralisme, le Président de la République, qui pourtant incarne le mieux, après Valery Giscard d’Estaing, ce que j’appelle l’esprit libéral, a plus que jamais besoin que nous prenions nos responsabilités. D’abord, en gardant vivante sa promesse (libérale) d’émancipation portée en 2016 et ensuite, en jouant deux rôles utiles à 16 mois d’une nouvelle élection présidentielle : celui (critique) de vigie des libertés et celui (constructif) de boussole libérale.

Vigie des libertés. Les libéraux ont toujours alerté face aux excès de pouvoir qui menacent les libertés. “Sauvons la liberté, la liberté sauvera le reste ! ” disait Victor Hugo. Les parlementaires de la majorité ne doivent pas craindre de faire entendre la voix de la liberté encore moins de la défendre. Premièrement, en mettant à l’agenda la réforme de l'Etat et de l'action publique : c’est une évidence et une urgence pour les Français. Associée à une réforme des institutions, elle serait un sursaut réformateur et salvateur. Deuxièmement, pour chaque futur projet, nous, parlementaires libéraux, devons jouer notre rôle de vigie libérale, non pas pour opposer liberté et autorité, libertés et écologie, libertés et santé, ou encore libertés locales et Etat, mais faire vivre de façon constructive l’exigence du débat démocratique. Il faut refaire des libertés un axe structurant, et non un axe clivant ou pire, un angle mort(el) du débat politique.

Boussole libérale. Mais les libéraux devraient aussi s’atteler à préparer l’avenir et, en attendant un nouveau colloque Lippmann, sortir leur boussole libérale au profit de la majorité et surtout des Français. Une boussole pour indiquer les voies navigables que le gout des libertés pourrait ouvrir, pour nous permettre d’arriver à bon port sains et saufs d’ici à la fin de ce quinquennat. J’en suggère trois.

La première voie est celle de l’émancipation et les des droits au quotidien.

Nous ne devrions pas dévier du projet sur lequel la majorité présidentielle a été élue : en son cœur, l’émancipation de l’individu et la possibilité donnée à chacun de faire librement, selon son talent, son chemin dans notre société : un but profondément libéral. Et républicain.

L’émancipation passe d’abord par lever la première de ses entraves : la pauvreté et le manque de formation. Pour cela, il nous faut « armer » les Français avec des droits individuels effectifs afin qu’ils puissent entreprendre leur vie. Il faut continuer de : renforcer la scolarisation des plus jeunes, la liberté pédagogique des enseignants, réaliser la gratuité réelle des études, faire plus de place au monde professionnel au sein de l’enseignement supérieur. Il faut universaliser le droit à la formation en créant un statut unique de l’actif et un compte activité universel pour équiper chaque Français face aux crises et aux mutations du travail qui viennent. Enfin, il faut de "nouveaux droits qui libèrent" comme le droit à un revenu universel, véritable socle citoyen, qui émanciperait chacun de la pauvreté, lui permettant d’entreprendre dignement et librement sa vie.

L’émancipation passe ensuite par la lutte contre les discriminations, toutes les discriminations (24 au total) telles que définies par les lois de la République. Le Président de la République a annoncé le lancement d’une plateforme : allons beaucoup plus loin. Cette lutte doit se faire notamment en entreprises où l’homogénéité de la composition des instances dirigeantes laisse entrevoir l’immense chemin à parcourir. Pour y arriver, il est temps, de faire sauter le tabou des statistiques ethniques et plus généralement sur les critères de discriminations. Dans la lutte contre les discriminations. Face à la haine en ligne et la désinformation, avec la loi Séparatisme, les libéraux attachés à ce que le droit et les libertés s’exercent effectivement devront faire entendre leur voix / voie.

Il faut aussi une politique publique d’accès à la justice de grande ampleur : la lutte contre le non-recours et le non-accès aux droits via une simplification administrative massive et une justice de proximité renforcée doit être une priorité. Les Français ont un désir de justice que nous sous-estimons ; la justice est pourtant la meilleure des réponses à ce mal français : la jalousie sociale qui nourrit la division et la contestation dans la rue. Il nous faut également un discours sans ambiguïté contre les attaques à l’encontre de l’Etat de Droit et des lois de la République, que ce soit au nom d’une religion ou d’une conception « personnelle » desdits droits : dans une logique totalitaire, certains néo féminismes et autres wokisme, veulent nous priver de notre liberté : celle de choisir qui nous sommes, et de nous exprimer en tant qu’individus singuliers, complexes, libres et échappant à leurs catégories.

La deuxième voie est la transformation de l’économie grâce au changement climatique.

Plus que jamais, pour relancer l’économie, nous devons rester fidèles à notre projet de « libérer les énergies » et soutenir la prise de risque et la créativité individuelles. Au printemps prochain, la loi climat nous offrira l’occasion d’un débat sur le nouvel équilibre entre les droits de l’environnement et les libertés économiques : fixons le but, le cadre et les instruments de cette transition de nos économies libérales. Soyons des écologistes libéraux : débattons des communs et de la façon de mettre la propriété privée collective au service de la préservation de la biodiversité, créons de la valeur en économisant encore plus les ressources de la planète ; misons sur les marchés carbone et étendons leur critères pour soutenir la décarbonation réinventons les normes comptables et les instruments financiers de la performance pour une réorientation des investissements vers l’économies verte ; encourageons les investisseurs et les entrepreneurs responsables, non par des subventions et des aides, mais par un écosystème fiscal et réglementaire simple, stable et prévisible.

La troisième voie est celle de la réforme de l’Etat et de nos institutions.

La crise de la COVID19 doit nous permettre de nous vacciner contre l’hubris de l’Etat. Saisissons « l’opportunité de la crise » pour la mener une vraie réforme de l’Etat. Le rôle de l’Etat ne doit plus être de régenter ou de régler la vie de nos concitoyens mais de la faciliter et de la simplifier.

Il est urgent que l'Etat se recentre sur ses fonctions. Urgent aussi qu’il apprenne à rendre des comptes, à être évaluer, à intégrer les citoyens dans ses décisions quotidiennes, à laissez-faire ceux qui font le mieux et ne demandent qu’à agir.

Enfin, revitalisons notre démocratie ! Instaurons de la proportionnelle aux prochaines législatives pour ne plus priver beaucoup de Français de leur voix, soutenir le pluralisme et favoriser des coalitions de projet plutôt que les plébiscites héroïques, toujours déceptifs. Débattons du vote obligatoire, de la reconnaissance du vote blanc et de l'intégration du tirage au sort. Enfin, les libertés locales devraient être un combat premier car elles sont la démocratie du quotidien : mener une vraie décentralisation, donner de l’autonomie fiscale, soutenir la participation citoyenne. C’est dans la maîtrise de leur territoire que les Français pourront reprendre leur destin en main.

Les libéraux s’il fallait encore le démontrer, seront précieux dans les prochains mois. Espérons qu’ils trouveront le chemin pour faire entendre leur voix et redonner le gout de la liberté aux Français. Comme le disait Périclès « s’il n'est point de bonheur sans liberté, il n’est pas de liberté sans courage ».



 
 
 
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